Françoise Sagan et la voiture :
Figure emblématique de la littérature française de l’après-guerre, Françoise Sagan incarne une modernité littéraire et existentielle qui continue de fasciner. C’est à cette alliance singulière entre vitesse, liberté et écriture qu’est consacrée la conférence « Françoise Sagan et la voiture : une vie et une œuvre à toute allure », proposée par Céline Hromadova, l’une des plus grandes spécialistes françaises de l’écrivaine.
À seulement 18 ans, Françoise Sagan publie Bonjour tristesse, roman fulgurant qui lui apporte aussitôt célébrité et fortune. Très vite, son nom devient synonyme d’audace, d’élégance et d’indépendance, dans un monde littéraire encore largement dominé par des codes masculins.
Vitesse, luxe et liberté : un art de vivre
Passionnée par les belles mécaniques et la vitesse, Sagan nourrit un rapport presque existentiel à l’automobile. Jaguar XK120, Gordini, Aston Martin, Ferrari, Maserati : les voitures accompagnent une vie menée à toute allure. Cette fascination s’étend aux « tapis verts » des casinos, où elle joue, perd et gagne souvent au-delà de ses moyens, portée par le goût du risque et du présent.
Un grave accident de voiture en 1957, au volant de son Aston Martin, marque un tournant. Elle frôle la mort, mais cette épreuve renforce encore l’image d’une femme libre, insaisissable, vivant sans limites. Sagan devient alors le symbole d’une génération affranchie des conventions, à la fois moderne, élégante et profondément indépendante.
Une œuvre littéraire au cœur de l’engagement
Derrière cette image médiatique, la littérature demeure pourtant la véritable passion de Françoise Sagan. Lire, écrire et publier structurent toute sa vie. « Écrire est la seule vérification que j’ai de moi-même », confie-t-elle en 1975. Traduit en quinze langues, son œuvre connaît un succès international, largement adapté au cinéma et au théâtre.
Souvent cantonnée à une littérature dite « bourgeoise », son écriture est pourtant traversée par des engagements politiques forts. En 1961, elle signe le Manifeste des 121 contre la guerre d’Algérie, puis, en 1971, le Manifeste des 343 en faveur du droit à l’avortement. Refus de la violence, rejet du fascisme, engagement à gauche : Sagan affirme une conscience politique lucide et courageuse, longtemps sous-estimée.
Une spécialiste reconnue pour éclairer l’œuvre
Pour mieux comprendre le caractère iconoclaste et novateur de cette œuvre trop souvent mésestimée, La Vanaude a invité Céline Hromadova. Docteure en littérature française et membre associée à l’université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, elle a consacré sa thèse à Françoise Sagan à contre-courant, publiée en 2017.
Codirectrice du premier ouvrage collectif universitaire consacré à Bonjour tristesse, Céline Hromadova est régulièrement invitée dans les médias culturels (La Grande Librairie, France Culture) et intervient actuellement comme consultante pour France Télévisions dans le cadre d’un projet d’adaptation de romans de Sagan. Ses recherches récentes portent notamment sur le dandysme, la maternité et l’humour dans l’œuvre saganienne.
Une rencontre littéraire à Vanosc
Après une intervention remarquée au Cap, en Afrique du Sud, lors du congrès du Conseil international des études francophones, Céline Hromadova fait étape à Vanosc pour partager sa passion et son expertise. Une invitation à redécouvrir Françoise Sagan sous un jour nouveau, entre vitesse, écriture et liberté.
Une conférence dans le cadre des Vendredis de La Vanaude –Vendredi 31 octobre à 20h30 – Annexe municipale – place des Droits de l’Homme – Vanosc – Entrée libre

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