Les plans de bataille
Quentin Victory Leydier

Cette soiré fait suite à la projection du film "Un Autre Monde" de Stéphane Bizé avec Vincent Lindon Voir ici

Compte rendu de la soirée

Ce jeune auteur prometteur s'est intéressé au tandem formé par Stéphane Brizé et Vincent Liindon.

Au-delà de la volonté de rendre hommage à ces artistes, Quentin Victory Leydier vient de sortir un livre, très accessible , analytique et personnel.

Ce sera pour le public l'occasion de mieux appréhender l'œuvre que les deux hommes ont construite ensemble depuis plus de 10 ans.
La relation artistique qui unit Stéphane Brizé et Vincent Lindon au travers de cet ensemble (Mademoiselle Chambon, Quelques heures de printemps, La loi du marché, En guerre, Un autre monde) est probablement l'une des plus belles et des plus riches de ces dernières années...

Vendredi 1er avril 2022, 20 heures 30 à l'Annexe municipale de Vanosc, place des Droits de l'Homme.
Entrée libre


Compte rendu de la soirée
VANOSC : PASSION CINÉ avec QUENTIN VICTORY LEYDIER

Tombé dans la passion du cinéma dès le plus âge, il a tâté du court métrage et fut lycéen dans une section ciné, Quentin Victory Leydier connaît son sujet sur le bout des doigts.
Après avoir étonnamment publié sur Sylvester Stallone "Retour à Philadelphie" (edition LettMotif) le jeune auteur s’est donc intéressé aux productions liées au tandem Stéphane Brizé / Vincent Lindon .

Lors de la soirée Vanaude de ce 1er avril, il a exposé son point de vue en précisant d’emblée qu’il est carrément subjectif.
Pas étonnant de la part d’un passionné… Et pas gênant dans la mesure où son propos respire une vraie sincérité et une expertise réelle.
Un régal pour le public.
Bien entendu, il apprécie la qualité esthétique de leurs films, la qualité des scénarios et des techniques cinématographiques.

Dans son ouvrage, il analyse avec pertinence ce que certains plans séquences apportent au spectateur.

Il a abordé les cinq films du tandem, Mademoiselle Chambon, Quelques heures de printemps, La loi du marché, En guerre et bien évidemment Un autre monde qu’il a eu la chance de visionner en projection privé bien avant la sortie, pour l’intégrer à la demande de Stéphane Brizé dans l’ouvrage qui était déjà prêt.

Quentin Victory Leydier a analysé le fil conducteur commun à ces œuvres. Bien entendu, c’est principalement la notion de travail, voire de l’absence de travail, qui est disséquée sous de nombreux angles.
La vie simple des gens "normaux", de ceux qui souffrent, de ce ceux qui vivent avec un SMIC pendant 40 ans et qui, souvent usés ne bénéficient malheureusement pas d’une longue retraite.

Il a rappelé des scènes qui l’ont cloué au sol tant l’émotion ressentie fut forte, comme un vieux monsieur très respectable, bien mis mais d’une pauvreté extrême qui l’a conduit à voler de la viande... Ou la situation du personnage sorti de prison et en grande difficulté pour retrouver un emploi stable au grand dam de sa mère en fin de vie...
Les luttes syndicales, les choix cornéliens, accepter des stages où sa dignité en prend un bon coup, un boulot dont on connaît les aspects peu humains, accepter les petits boulots sans avenir...
Les exemples de détresse sont légions, on les retrouve dans le livre.

Pour l’intervenant, il y a indéniablement une patte personnelle du réalisateur.
Dans son dernier film, coup de génie celui-ci prend son propre contre-point en mettant en scène l’autre côté de la barrière sociale avec ce cadre dirigeant d’un site industriel qui vit très mal l’obligation de lancer un nouveau plan social alors que l’entreprise internationale est largement bénéficiaire.
Au passage, il relève les doux euphémismes de la société moderne.
Naguère on évoquait sans vergogne les "charrettes de licenciements", le "dégraissage de personnel", on parle aujourd’hui de "plans sociaux" qui pourtant n’ont rien de social...

Les échanges avec le public qui a bravé le froid et la neige, furent d’une grande richesse.
On ne peut qu’inviter les personnes qui n’ont pas pu venir à cette soirée à se plonger dans les écrits de cet auteur prometteur.

Yves Boulanger

 

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